Droits de l’enfant : une lettre ouverte adressée au Président de la République

Droits de l’enfant : une lettre ouverte adressée au Président de la République

La Dynamique “De la Convention aux Actes !” (DCAA), qui regroupe 26 organisations œuvrant pour le respect des droits de l’enfant, appelle Emmanuel Macron à « renforcer la gouvernance de l’enfance en se dotant d’une stratégie globale et transversale, en France et à l’internationale. »


Un ministère dédié aux politiques de l’enfance


A la veille du 31e anniversaire de l’adoption de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) par les Nations Unies, et dans le contexte sanitaire compliqué que nous vivons, les organisations de protection de l’enfance sont plus que jamais mobilisées. C’est le cas notamment de la DCAA et des 26 organisations qui la composent (Unicef France, SOS Villages d’Enfants, Réseau France Parrainages, Droit d’Enfance…). Dans une lettre ouverte au Président de la République, elle rappelle que « l’effectivité des droits de l’enfant est loin d’être acquise en France et dans le monde. » Aussi, selon elle, afin de « renforcer la gouvernance de l’enfance » et « réaffirmer le caractère pluridimensionnel des politiques de l’enfance », il est essentiel de créer un ministère indépendant ou au moins de rattacher directement le secrétariat d’état à l’enfance et aux familles au Premier ministre. En 2019 déjà, la DCAA avait rédigé une série de 69 propositions (livret « Droits de l’enfant : De la convention aux actes ») à l’attention des pouvoirs publics. Certaines recommandations portaient d’ailleurs sur la gouvernance de l’enfance. 


La pandémie et l’aggravation des droits de l’enfant 


Dans sa lettre, et notamment pour motiver sa requête, la DCAA insiste sur le contexte actuel et son impact sur les droits des enfants. « En France, la scolarité des enfants a été bouleversée exacerbant souvent des inégalités préexistantes. De nombreux enfants ont été exposés aux violences dans le cadre intrafamilial, le confinement ayant notamment empêché que leur situation soit signalée. D’autre part, les enfants relevant de l’Aide sociale à l’enfance, comme ceux en situation de handicap, ont pu souffrir de la suspension des droits de visite et d’hébergement ou de la fermeture des structures médico-sociales », écrit-elle. Il est donc urgent d’agir… Et de conclure : « Monsieur le Président, dans cette période difficile, nous pensons qu’investir pour les enfants et la jeunesse et l’effectivité de leurs droits et affirmer une ambition claire en faveur des droits de l’enfant est un cap qui participerait à l’unité que vous appelez de vos vœux. Nous vous appelons donc, à l’occasion du trente-et-unième anniversaire de l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant, à passer de la Convention aux Actes et à impulser une véritable politique transversale pour les Droits de l’Enfant. Avant la fin du quinquennat, il est encore temps de graver des actes, mais il faut agir maintenant. »